Le texte sur la réforme des retraites a été publié, ce mercredi 10 novembre 2010, au Journal Officiel. Cet acte prouve la maturité de notre pays, capable d'affronter son avenir de façon responsable : la réforme des retraites relève progressivement (de 60 à 62 ans) l'âge légal de départ à la retraite, comme tous nos voisins européens l'ont déjà fait, compte tenu de l'augmentation de notre espérance de vie. Hier, le Conseil constitutionnel a validé la loi, adoptée définitivement par le Parlement le 27 octobre. Seuls quelques articles mineurs sur la médecine du travail ont été censurés par les juges constitutionnels, parce qu'il s'agissait de dispositions sans rapport avec le texte sur les retraites (des « cavaliers législatifs » en langage parlementaire). En revanche, les Sages ont rejeté les griefs invoqués par les socialistes, en particulier celui de l'atteinte au principe d'égalité, qui ne manquait pourtant pas d'humour de la part de ceux qui défendent le plus âprement des régimes spéciaux dont les titulaires continueront toujours de partir bien avant 60 ans ! Le Conseil constitutionnel relève aussi que le législateur « s'est fixé comme objectif de préserver le système de retraite par répartition », et qu'il « n'a méconnu ni le principe d'égalité ni l'exigence constitutionnelle relative à une politique de solidarité nationale en faveur des travailleurs retraités ». La réforme des retraites, pour douloureuse qu'elle soit, est une mesure, non seulement indispensable, mais encore positive, car elle permet de sauver notre régime par répartition. Cette victoire n'est pas celle du Président de la République ou du Gouvernement, c'est la victoire de la France, qui démontre qu'elle est capable de regarder la réalité en face, sans se mentir à elle-même.